La vie dont nous rêvions (You were made for this)- Michelle Sacks

Critique roman: La vie dont nous rêvions (You were made for this) de Michelle Sacks

Je suis fan des thrillers psychologiques. J’aime que les auteurs emmènent dans des dédales habiles, effrayants et envoûtants. J’étais curieuse de découvrir le style de Michelle Sacks dans ce genre. Ai-je succombé? Réponse après le résumé.

Synopsis:

Dans la lignée d’une Lionel Shriver, un premier roman choc qui explore les rapports de domination au sein du couple et de l’amitié, les traumatismes subis dans l’enfance et le vice tapi derrière les apparences les plus lisses. S’appuyant sur une construction machiavélique, Michelle Sacks nous entraîne dans une spirale où chaque personnage révèle son double visage. Sam et Merry ont quitté New York pour s’installer dans un cottage en Suède et élever leur bébé au grand air. Loin de la grande ville, de ses tentations, de sa souillure, les voilà libres de se réinventer. 
Sam, en homme viril et fidèle qui assure le confort et la protection des siens. 
Merry, en tendre épouse qui s’adonne à ses nouveaux devoirs de mère au foyer. 
Le tableau idéal : au cœur de la nature, l’homme, la femme, l’enfant. 

Mais aussi Francesca, la meilleure amie de toujours, venue leur rendre visite. 
Francesca, la citadine, la sublime, la femme libre. 
Francesca, qui ne se sent chez elle nulle part, qui n’a jamais été choisie par un homme, et qui a de très vieux comptes à régler… 

Dans ce lieu de quiétude absolue, l’espace infini a tôt fait de devenir une prison, et la solitude, un miroir tendu à la noirceur des âmes. Tout n’est que mensonge, duplicité et, tandis qu’à la clarté de l’été succède l’obscurité de l’hiver, l’idylle se meut peu à peu en un huis clos hautement toxique.


Mon avis:

Dès les premières pages, une atmosphère particulière se dessine. Un sentiment de jeux des apparences se ressent. Un truc cloche derrière la façade mais quoi? Sous la calme apparent se cache la tempête. Michelle Sacks distille d’une manière envoûtante les indices, les petites graines de la perversion.

Le regard se modifie doucement mais par touche. Il découvre une écriture bluffante, captivante et passionnante. Chaque personnage est inquiétant. Chaque morceau de l’histoire s’imbrique dans un ensemble complexe, effrayant et calculateur. Tout a sa place. J’ai été happée dans le récit.


Un portrait saisissant des désirs et des choix pour y arriver se dresse au fil des pages. Les trois héros plongent le lecteur dans un bain ensorcelant. La vie idyllique est une illusion. Rien n’est jamais parfait. Les cadavres sont dans les placards. Les sourires sont des masques. Les vraies personnalités guettent leur heure pour se dévoiler. Je me suis sentie tiraillée, oppressée, perdue et emportée dans un cocktail de secrets explosifs.

Frank, Merry et Sam se succèdent dans un ballet inavouable. L’horreur se touche du doigt. Le suspens croît peu à peu. Les apparences s’écaillent dans un huit clos inquiétant. Le style fluide de l’auteure allie un côté troublant, mystérieux et fascinant qui glace le sang. La vérité perfide, aigre, brutale attend de s’exprimer. A trop cumulés de non-dits, de blessures d’enfances, de secrets, le feu finit par consumer. Les réalités d’hier et d’aujourd’hui s’entrecroisent.

Les mauvaises conduites, la maternité, l’infidélité se rencontrent dans un thriller psychologique surprenant. Teinté d’une nuance froide implacable, comme un prédateur avec sa proie, le roman joue avec les nerfs. Difficile de ressortir indemne de cette lecture. La vie dont nous rêvions est oppressant, glaçant, brillant, cruel et déroutant.

Ma note:

9/10

Informations:

Auteure: Michelle Sacks
336 pages
Editeur : Belfond
Date de parution: 2 mai 2019
Langue : Français

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