Interview à quatre mains de Battista Tarantini

Interview de Battista Tarantini

Orion a été l’occasion d’une lecture commune toute en émotions avec Cynthia du blog Lectrice Lambda.
Intense. Bouleversante. Remuante. Nous avons fini sur les rotules, le
cœur en miette, des questions en suspend. La saga promet bien des
pas de danse. Plusieurs notes de musique, nous trottent dans la tête.
Nous avions des interrogations. Les éditions Hugo Roman nous ont
offert la possibilité de nous immiscer dans l’univers de Battista
Tarantini avec une interview. Nous tenons à remercier infiniment
l’éditeur pour cette proposition. Nous avons pris le parti d’être
décalées, de détonner, nous espérons que vous retrouverez tout le
plaisir que nous avons eu en découvrant les mots de l’auteure.


Plongeons directement dans le cœur du sujet…

-Avec « Orion », vous entraînez le lecteur dans un univers plus sombre
que celui de « Heroes ». Aviez-vous peur du retour des lecteurs, de les
déranger en leur présentant une histoire qui est radicalement différente ?

Battista Tarantini (BT): J’ai écrit Orion pour moi, vraiment pour moi. Je n’avais jamais fait ça avant. Je n’avais même pas prévu d’écrire ce texte ; il y en avait un autre sur les rails ! Orion l’a mis en touche et j’ai écrit son histoire, très sombre, un peu dérangeante parfois. Quand j’ai terminé, je l’ai fait lire à mon éditrice, à ma moitié, et je l’ai réécrite trois fois. Ni elles ni moi n’avons pensé une seconde au fait qu’il pourrait déplaire parce qu’il était différent de tous les autres. Entourée et accompagnée de cette manière, je n’ai pas eu peur, j’ai été impatiente de découvrir ce qu’en penseraient mes lectrices. Pire encore, je crève d’envie de recommencer !

Comment choisis-tu le prénom de tes héros ? D’où te vient
l’inspiration ?

Battista Tarantini: J’adore les symboles. J’adore aussi les prénoms de garçons qui vont aussi aux filles. Ou les prénoms de filles qui vont aussi aux garçons !
Je cherche longtemps. Je cherche partout. Parfois, un prénom me tombe dessus, parfois c’est moi qui chemine un moment avant de trouver. J’ai eu Orion tout de suite, Leo s’est fait attendre. Et détail amusant, je n’ai même pas fait exprès de donner à mon héroïne le nom d’une constellation.
Ce qui est intéressant aussi, c’est qu’au fil de l’écriture, je développe après coup quelque chose de plus autour des prénoms et des noms que je choisis ; je joue avec les sonorités et la sémantique des mots jusqu’à en abuser parfois !

Lorsque le rideau se baisse après un balais, de la lumière on passe à
l’ombre. Anorexie, dépression, drogue… Est-ce une réalité dans le monde
de la danse ?

Battista Tarantini: S’agissant de la drogue, oui. S’agissant de l’anorexie, une danseuse professionnelle ne tiendrait pas longtemps si elle ne se nourrissait pas du tout. S’il y a maladie, elle est encore plus contrôlée que celle d’une personne ordinaire. Quant à la dépression, les artistes sont à mes yeux des personnes hypersensibles, et les sportifs de haut-niveau soumis à des pressions inimaginables où leur mental est mis à rude épreuve. De la
même manière que nous, pauvres mortels, il arrive que tout explose…

Pourquoi la danse ? Pourquoi une romance si sombre et si lumineuse
à la fois ?

Battista Tarantini: Parce que la danse est à la fois un art et un sport de haut niveau. De texte en texte, je me suis fait spécialiste de ce dernier domaine : les exploits qu’accomplissent ces extra-terrestres me fascinent. Leur abnégation, leur capacité de résistance à la douleur physique… Avec l’art, on plonge tout cela dans une dimension plus poétique, et plus écorchée. Alors l’auteur de romance se frotte les mains et écrit ! Et puis aussi j’aime la danse depuis toujours, en amatrice plutôt éclairée.
Quant aux ombres et à la lumière, à l’instar d’un ballet j’ai voulu que mes personnages se définissent exagérément selon cette dualité ; d’ailleurs, Orion n’est pas toujours le plus sombre des deux, et Leo n’est pas ce soleil permanent qui illumine son monde.

Oh la, n’allez pas croire qu’Orion est une tragédie, c’est une saga
digne d’un ballet… Emouvante, magique… Une œuvre
chorégraphiée avec finesse, brutalité, qui représente bien des visages
de la danse se déploie à travers les deux tomes. D’ailleurs, niveaux
adaptations et orchestrations des pas, nous avons des questions.

« Orion » est un ballet particulier où les rôles principaux ont été
distribués à des personnages singuliers. D’un côté, il y a Orion qui est
autant fou que génie et qui s’assume. De l’autre, il y a Leo qui est
parfaite, qui ne lève jamais la voix, mais qui se cache derrière un masque.
Lequel des deux a été le plus difficile à donner vie ?

Battista Tarantini: Et c’est une question très difficile ! Je crois que c’est Leo qui m’a donné le plus de fil à retordre ! J’ai travaillé longtemps sur le texte, et c’est elle qui a beaucoup changé au fil des versions. Le masque dont vous parlez n’était pas assez solide au début, il est devenu un véritable rempart après.
Quant à Orion, j’ai joué à fond ce que j’avais commencé à balbutier dan les premiers jets de cette histoire.

Fais-nous rêver. Embrase la scène. Si tu devais choisir LE moment
entre Leo et Orion, tu dirais lequel? Un dramatique et un doux, si tu
veux.

Battista Tarantini:

Hum… un doux ? On parle bien d’Orion, vous êtes sûres ? Parce que j’ai l’esprit de contradiction, je ne vais en choisir qu’un seul, entre ombre et lumière. La première répétition de Perséphone, sur les quais… C’est le moment où tout bascule, de l’autre côté de la ligne jaune. Le moment où Leo apprend à s’envoler en n’ayant plus peur de tomber. Celui où Orion retrouve la force de créer dans sa nuit. Celui où ils se prennent la main pour plonger ensemble dans un inconnu qui les emportera bien plus loin qu’ils ne peuvent alors l’imaginer…

Pourquoi mêler la mythologie grecque à la danse classique ?

Battista Tarantini: Nombre de chorégraphes s’inspirent de mythes antiques : par exemple, je pense à Médée, un terrible ballet mis en scène par un chorégraphe français très audacieux ! Je ne vous en dis pas plus, vous trouverez facilement sur internet…
Je me suis vraiment mise dans la peau d’un chorégraphe durant ces mois d’écriture. Je me suis inscrite l’air de rien dans le même mouvement de création. Et j’ai trouvé ce que je voulais voir vivre et danser dans l’histoire d’Hadès et Perséphone, j’ai chorégraphié sur les pages, dans ma tête et comme j’ai adoré ça…

Si tu devais choisir un mythe et un héros quels seraient tes favoris? (Nous avons imaginé Orion sur fond d’Hercules de Disney mais nous ne voulons pas du tout t’influencer)

Battista Tarantini: Perséphone est un de mes mythes préférés, et Hadès mon héros ! Je ne suis pas fana des types à exploits… Et vous vous souvenez peut- être des titres des trois volumes dans Heroes ? Je vous rafraîchis la
mémoire : la Fileuse, la Destinée, l’Inflexible. Ce sont les Moires (ou
les Parques dans la mythologie romaine), les divinités qui décident du
destin des Hommes. D’ailleurs, dans le dessin animé de Disney, on les
voit représentées sous la forme de vieilles femmes pipelettes qui
jouent du ciseau autour d’un fil !

Le plombage d’ambiance… Nous sommes fortes. Ne partez pas…
Orion est un roman riche et complexe. L’envers du décor nous avait
intrigué. Allez, pour détendre un peu l’atmosphère, parlons de tes
héros sexy à souhaits.

Parmi tes héros, qui choisirais-tu pour un coup d’un soir, meilleur ami et pour la vie ? (ça reste entre nous, promis, nous ne dirons rien) Dis Cynthia, à la limite, nous pourrions mettre en place une garde alternée des héros, non? Si jamais, tu as du mal à départager, nous avons notre petite idée de casting pour plusieurs de tes héros Z (Heroes), Orion, Rafael (Love Chef), Andreas van Allen (Above All) ou encore Sevastian Novikov (Jeu set et match), match), comme
Daniel Craig, Bradley Cooper, Tom Hiddelston, Chris
Hemsworth, Chris Evans…

Battista Tarantini: Pour un coup d’un soir, Ice, parce qu’il saurait me faire décoller.
Pour meilleur ami, Rafael, parce que l’amitié c’est comme la
mousse au chocolat : ça se partage sans modération !
Et pour la vie… vous ne voudriez quand même pas que j’en
choisisse un et un seul ? Ce serait dommage de m’interdire de
créer de nouveaux beaux mâles voluptueux et torturés ! Surtout
avec un casting pareil… quand c’est bon, c’est jamais trop !

Avez-vous déjà des idées pour votre prochaine histoire ?

Battista Tarantini: J’y ai répondu plus bas ;-)

Tu donnes l’impression d’être superwoman… allez rassure nous un petit peu… il t’arrive de temps en temps de tomber le rideau comme Orion? Chausses-tu les ballerines pour évacuer la pression et te détendre? Ou hurles-tu sous la douche comme Grace? Ou passes-tu tes nerfs sur un moteur comme Z? Dis-nous tout. Parce que nous t’avouerons que nos coeurs ont été mis à rude épreuve avec Orion. Alors si tu nous dévoilais une facette plus moins super héroïne, nous digérerions mieux les montagnes russes que tu nous as fait vivre.

Battista Tarantini: Je sais vraiment changer des roues de voiture comme Z ! De manière
moins experte mais ça roule, c’est le principal ! Je ne peux pas dire que ça détend, mais c’est très satisfaisant d’un point de vue personnel de décliner aimablement l’aide de ces messieurs quand un pneu est à plat !
Sinon, je monte à cheval quand je le peux, je tire au pistolet (Calamity Jane à la place de Super Woman, vous prenez quand même ?), je chine dans les vide-greniers pour les miens, au plus grand dam de nos dressings !

Mots de la fin, as-tu des projets ? Peux-tu nous en parler ? Et pour
assouvir un petit plus notre curiosité, et attiser celle des lecteurs :

Mais c’est une information confidentielle que vous me demandez là ! Après un roman comme Orion, pour lequel j’ai beaucoup donné, j’ai éprouvé le besoin de faire une pause, de me concentrer
un temps sur d’autres choses. Mais que je le veuille ou non, je suis toujours en mouvement, toujours affamée ! Et les nouveaux projets se bousculent à la porte de mon imagination. De la romance, toujours. Une mesure de lumière éblouissante, une pincée d’ombres effrayantes. Arrosez de quelques larmes, puis laissez éclore au soleil… Je n’en dirai pas plus!

Tu serais :

  • Orion ou Léo ?
    Leo
  • La bayadère ou Perséphone ?
    Perséphone
  • Ombre ou lumière ?
    Clair-obscur ! (J’ai droit à un joker, non !)
  • Danseur ou chorégraphe ? Chorégraphe
  • Orion tome 1 ou tome 2 ?
    Tome 1 en hiver et au printemps. Tome 2 en été et à l’automne.

Battista, nous te remercions pour cet échange. Et qui sait à bientôt
pour de nouvelles aventures.


Merci à vous pour ce questionnaire intéressant et amusant, et pour
vos retours de lecture endiablés ! À très vite !

1 commentaire sur “Interview à quatre mains de Battista Tarantini

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