[Avis] Les Grandes Jambes par Sophie ADRIANSEN

L’adolescence cette période délicate que tout le monde traverse. Adulte, nous la casons souvent dans un coin profond de notre mémoire. Les Grandes Jambes de Sophie Adriansen permet de replonger dans cette tranche d’âge ingrat.

★Synopsis:★
Une histoire de collège et de complexes adolescents, d’amitié et d’amour, une histoire qui parle d’art, de Rembrandt, d’Anne Frank et d’un voyage inoubliable à Amsterdam…

Marion, collégienne en pleine croissance, est obsédée par la longueur de ses jambes qui n’en finissent pas de s’allonger, rendant la recherche d’un jean qui lui aille bien extrêmement délicate. A l’âge des complexes, des premiers émois amoureux et de la construction de l’image de soi, être hors cadre se révèle parfois difficile, voire douloureux. Comment attirer les regards de Grégory, dont elle est amoureuse, avec un pantalon qui lui découvre les chevilles ?

Mais alors que le collège part en voyage scolaire à Amsterdam, Marion profite de cette occasion pour élargir son horizon. Elle approfondit sa passion pour l’art, notamment en découvrant in situ le célèbre tableau La Ronde de nuit, et met en perspective ces contrariétés d’adolescente née après l’an 2000 en visitant la maison d’Anne Frank.
Les Grandes Jambes par ADRIANSEN Sophie
★Mon avis:★

Les Grandes Jambes permettent de rencontrer Marion, adolescente, grande, très grande, trop à son goût. Ses jambes semblent dignes de celles des girafes. Difficile de s’habiller, de trouver des vêtements à sa taille qui ne dévoile pas ses chaussettes. Car, non, les camarades ne laissent pas passer les moindres détails. Les moqueries fusent. Impossible d’échapper aux petits mots méchants. La quête du bon pantalon est digne d’une chasse au trésor. Quelque part, Marion a su me toucher, énormément pour de multiples raisons. Elle a parlé à l’adolescente mal dans sa peau qui a grandi, elle a montré du doigt mon Prem qui du haut de ses 1m50 a un gabarit tout fin et des soucis pour avoir un bon pantalon. J’ai souri du rapprochement. Et j’ai eu une énorme bouffée de tendresse pour son personnage. Car je vois dans le regard de mon grand ce qui pourrait sembler anodin, bête et stupide pour nous adulte, cette petite boule pour un simple détail. Un pantalon qui fait pas premier de la classe, tu vois mes chaussettes.

Charlotte sa confidente est une petite pépite comme tous les enfants devraient avoir dans leur entourage. Comment réussir à s’approprier son corps quand les autres nous en empêchent? Difficile de changer, de faire face aux modifications hormonales et intellectuelles. Difficile de passer le cap.

Marion trouve sa bouée d’air frais dans l’art. Pour une fois, la peinture a la part belle. C’est rare, souvent c’est les jeux vidéos, les séries ou le cinéma. Ici, l’échappatoire se pose dans un écrin de la culture qui donne la possibilité de chercher, de titiller la curiosité pour ceux qui ne connaissent pas. Son collège organise un voyage de trois jours à Amsterdam l’occasion d’admirer l’oeuvre de Rembrandt dont elle a parlé en long en large en travers lors d’un exposé: La ronde de nuit. Le séjour sera l’occasion de plusieurs découvertes. De rapprochements. Les chapitres entraînent dans l’aventure avec une fluidité très agréable.

Sophie Adriansen parvient à capter à merveille cette délicate période de l’adolescence. Le corps subit des multiples modifications. Grand, maigre, petit, gros. Chacun devient une autre version de lui, l’enfant laisse place à un être pas encore adulte. A plusieurs niveaux, les changements bouleversent tout sur leur passage. Les complexes existent à des degrés moindres. Des petits morceaux parfois infimes qui nous chamboulent, et qui deviennent insignifiants parfois après un événement: une rencontre, un mot…

Au détour d’une excursion scolaire, l’héroïne découvre que non, elle n’est pas un cas. Non, les grandes jambes ne sont pas forcément négatives. Alors, oui, Marion a la dent dure, oui, elle critique, mais elle est le parfait visage de cet âge entre deux qui ne sait pas encore quand il blesse, tout en appréciant pas les mots des autres. La quête de soi est au centre du roman. Apprendre à s’aimer, à se connaître, à se comprendre, à s’apprivoiser, à vivre avec ce nouveau soi est très bien narré. Le style le touche du doigt sans peser, sans appuyer ou se faire moralisateur. Non, il annonce juste les difficultés de l’adolescence avec ses travers et ses bons côtés.

Au final, c’est un roman frais, doux amer, parfois mordant, plein de surprises comme l’adolescence. Une lecture à glisser dans les mains de ceux qui la traversent en ce moment, et dans celles des plus grands pour se souvenir avec un sourire à travers un style agréable de c’était nos propres années de quête identitaire. Sophie Adriansen pose magnifiquement tout en simplicité des thèmes comme l’amitié. A offrir sans hésiter aux 10/13 ans.

★ Merci aux éditions Slalom et à NetGalley pour ce SP ★

★Ma note:★
★ 10/10 ★
Coup de coeur

★Informations:★
A partir de 10 ans.
éditions Slalom
Prix: 11,90 euros en papier
Disponible en numérique: Oui

★ Biographie de l’auteur ★
Sophie Adriansen est l’auteure d’une vingtaine d’ouvrages (fiction adultes et jeunesse, non fiction), dont Max et les poissons (Nathan) sélectionné pour 13 prix.

Elle anime des ateliers d’écriture en milieu scolaire et tient depuis 2009 le blog Sophielit, finaliste du Prix ELLE 2011.
Formée à l’écriture cinématographique à la Fémis, elle écrit actuellement le scénario librement adapté de son roman Quand nous serons frère et sœurs et sortira un roman adulte chez Fleuve à la rentrée.

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