[Avis Lecture] Cher Monsieur Richard Gere Saisis ta chance, Bartholomew Neil de Matthew Quick

Synopsis:
Pendant trente-huit ans, Bartholomew Neil a vécu seul avec sa mère… jusqu’au jour où la maladie l’emporte. Comment vivre sans elle ? Ainsi commence la quête de notre héros pour se construire une nouvelle famille. Un prêtre défroqué, une bibliothécaire agoraphobe, un acolyte survolté rencontré en analyse sur les conseils d’une psychothérapeute elle-même borderline, sans oublier Richard Gere, auquel Bartholomew est persuadé d’être uni par un lien cosmique. Tout ce petit monde va bientôt s’embarquer dans une Ford Focus de location, à la recherche d’un mystérieux Parlement des Chats, et de bien plus encore…

mon cher monsieur richard gere-saisis-ta-chance-bartholomew-neil-
Mon avis:
Cher Monsieur Richard Gere, Saisis ta chance, Bartholomew Neil a été une lecture bizarre. Si si.
Qui n’a jamais songé à tenir une correspondance avec un être qui comptait pour lui? Fictif ou non.
Qui n’a jamais eu besoin d’avoir une oreille pour l’écouter?
Bartholomew Neil a presque quarante ans, il décide de poser ses pensées en les adressant à l’acteur Richard Gere. Il s’ensuit une sorte de correspondance, décalée, surprenante. J’ai souri en imaginant le héros se lancer dans ses lettres avec l’acteur de Pretty Woman, Officier et Gentleman ou Hatchi. Je ne vous écrirai pas toute sa filmographie. Je vous porte juste vers un homme qui dégage un côté rassurant, protecteur, qui pousse à se confier.

A livre décalé, petit mot décalé.
Le roman de Matthew Quick est comme une porte vers un univers un peu loufoque. Entre son héros un brin étrange, le timbre est donné dès les premiers échanges épistolaires. Tout s’installe. Atypique. Particulier. Un peu fou. Un peu barré. Je cherche mes mots. Mon cher Richard Gere offre un voyage déroutant par moments. Les mots laissent un sillage de perplexitude derrière eux. Ils se parent d’un voile où le monde de Bartholomew transparait avec une palette de personnages surprenants, d’événements qui le sont autant. Qui irait cherché comme ami imaginaire Richard Gere? Il faut oser. Il faut avoir un petit grain quelque part. Ou au contraire assumer, avoir besoin de se libérer enfin. Richard n’était ce pas ce prénom que donné la mère du héros à son fils avant de mourir? N’est ce pas un énorme clin d’oeil. Une manière exutoire de faire son deuil? L’esprit fourmille d’interrogations. Niveau conscience, vous m’excuserez Monsieur Gere, j’ai vu mieux. Vous avez un rôle qui ne penche pas du côté de Jimminy. A croire que vos intentions sont tournés vers ailleurs. Mais où? Vous êtes le petit poil à gratter qui pousse Bart à agir, à sortir de son carcan. Vous êtes ce point dans sa vie qui le remue, l’empêche de se rouler en boule en pleurant sur son statut de vieux garçon.

Car, ici, Jimminy motive les troupes, pas toujours simplement, à travers des lettres, des rencontres monumentales, parfois dignes d’une toile surréaliste, d’une rêve éveillé. La toile des personnages se retrouvant sur le chemin de Bartholomew sont attachants, tour à tour succulent, tordant, comme le père McNamée. Puis ce Parlement de chats, j’avais vraiment envie de le découvrir, de le trouver. Rhaaa, non mais comment une plume peut réussir à former un ensemble aussi étonnant? Surprenant du début à la fin, les chapitres se succèdent avec l’envie de savoir où les pas vous nous mener. Bartholomew est un héros remarquable, qui marque. Après l’avoir rencontré, le regard s’attarde au-delà des apparences, il tente de deviner ce qui se cache sous la surface. Et ici, nous avons un être magnifique, brillant, un coeur gros comme la lune.

Cher Monsieur Richard Gere Saisis ta chance, Bartholomew Neil de Matthew Quick s’avère une lecture complexe, un hymne aux gens différents, une bouffée de tendresse un peu folle. Peut-être trop par moments. Ou peut-être est-ce que tout le monde n’a pas l’âme d’une Phoebe (Friends) en puissance d’être sans se poser de questions, sans prises de têtes. Ce roman est l’un des plus étrangement loufoque que j’ai pu lire. Il parvient à la fois à poser la thématique du deuil et celui des apparences, des rapports aux autres. Au final, Bartholomew m’a surprise, agréablement, il m’a fait sourire et même versé des larmes. Si vous voulez sortir des sentiers battus, c’est la lecture idéale.

★ Merci aux Editions Préludes et à NetGalley pour ce SP ★

Ma note:
★8/10 ★

A noter, le titre sort en poche le 20 avril 2016 aux Editions Le Livre de Poche
Informations:
Titre vo: The Good Luck of Right Now
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Pascal Loubet
Editions Préludes
Préludes Littérature
Collection Littérature générale, Fiction (Adulte)

Biographie de l’auteur
Publié dans plus de trente pays et récompensé par le PEN/Hemingway Award, Matthew Quick a grandi dans le New Jersey. Il vit à présent en Caroline du Nord avec son épouse Alicia Bessette, elle-même romancière et musicienne.
Best-seller international enfin publié en France, jubilatoire, profond et incroyablement touchant, Saisis ta chance, Bartholomew Neil est en cours de réalisation par Dreamworks.

Matthew Quick est aussi l’auteur d’un roman adapté au cinéma sous le titre Happiness Therapy, un film récompensé par huit Oscars.
Un grain de folie contagieux. Entertainment Weekly

1 commentaire sur “[Avis Lecture] Cher Monsieur Richard Gere Saisis ta chance, Bartholomew Neil de Matthew Quick

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *