[Avis] Mon cher stagiaire par Anouk Laclos

Mon cher stagiaire ou comment inverser les rôles. Pour une fois, la forte tête, l’initiatrice en plaisir charnel est une femme. Et pas n’importe laquelle, non, une qui souffle ses 42 printemps, une de toute première fraîcheur diront certains, une veuve mère d’une fille de vingt et un ans. Son mari vient de décéder, la laissant à la tête de leur entreprise de champagne. Ce qui n’est pas sans déplaire à la famille Van Styn (ça fait très Hollywood comme nom de famille non? Je m’attendais presque à voir une fresque des années 30 et l’alcool collait à flot). Anouk a le coeur brisé par sa perte. Au fil des pages, les sombres secrets de son époux se dévoile. Son quotidien se retrouve alléger et bouleverser par son nouveau stagiaire: Andrew. L’attirance entre eux crépite dès le premier échange.

★Synopsis:★

Une pétillante quadra devenue veuve avant l’heure se voit confier les reines de l’empire de champagne Van Styn.
Un jeune étudiant américain à l’ambition débordante et au charme fou rêve d’y faire un stage.
Anouk laisse sa chance à Andrew dont la soif d’apprentissage va se révéler troublante…
Entre bulles de champagne et déplacements professionnels de rêve commence alors une initiation enivrante aux plaisirs à la française, mais jusqu’où Anouk osera-t-elle aller ?

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★Mon avis:★

Je ressors mitigée de ma lecture. Je n’ai pas totalement accroché. J’ai toujours un soucis avec les différences d’âge (j’avais déjà eu des pincements avec the Boss, ils continuent à rester planquer dans un coin… j’ai du mal, ça passe pas, ça passe pas…) Pourtant, quelque part, le personnage d’Anouk m’a plu. Même si j’avoue avoir été perturbée par le prénom qui est le même que l’auteure. Je n’ai pas pu m’empêcher de réfléchir, de chercher si c’était une fiction ou une part de vie posée sur le papier. Ce point donne une part étrange à mon ressenti. Si, si, je vous assure, c’est comme un truc qui demeure coincé là et vous titille tout le long de la lecture. Passons… Anouk a soutenu son mari jusqu’au bout, malade et mourrant. Jamais elle n’a abandonné son statut d’amante, de mère. Toujours là à veiller à tout, elle a pris place au poste de PDG par héritage pas par coucherie. J’ai parfois eu une bouffée de tendresse pour elle, parfois j’ai juste détesté ses choix ou sa manière d’agir.

Face à elle, Andrew, jeune homme dans toute sa gloire, transpirant le désir d’ascension, présente un côté attendrissant, un peu clichés et drôles j’avoue dans ses réactions face aux liens avec sa patronne. Mon imaginaire a eu du mal à s’attacher à lui. Puis, pardon, mais le côté trahison de sa fiancée, tu vires un nombre incalculable de points pour ma part dans l’atout séduction. Les deux instaurent une sorte de rite initiatique, doucement mais sûrement le plaisir des sens prend son envol. Anouk fait l’éducation sentimentale et érotique de son stagiaire par petites doses. Savamment dosée, elle pose ses gallons, le déroute, lui fait perdre la tête et les sens. Le style d’Anouk Laclos le dépeint très bien. Sans tomber dans la vulgarité, ni l’excès, les scènes sont sensuelles, détaillées et saisissantes de réalisme. (Encore une fois, je ne peux pas cesser de m’interroger la part de vrai dans leur fond et celle de l’imaginaire… chapeau! et je ne sais pas si je dois vous remercier d’avoir troublé à jamais ma vision du Cheese madame Laclos… chut, je n’en dis pas plus, mais lisez le pour vous faire votre ressenti, vibrez ou non.)

Le monde du champagne ouvre la porte sur une industrie de luxe, avec ses déboires et ses travers, les intrigants guettent dans l’ombre le moindre faux pas de l’héroïne. Ils sont comme des chacals qui attendent que leur proie baisse les armes. Cet aspect est quasiment le meilleur à mes yeux, il a su me captiver jusqu’au bout. Et cette fin, elle retourne complètement. Elle happe et surprend. Un très bon point car le point final réussit à monter d’un cran dans le chemin perturbant et déroutant que l’auteure a mis en scène tout le long depuis le premier paragraphe. J’ai aimé cette indécision, ce doute qui persiste sur nos sentiments vis à vis de Anouk et Andrew. J’ai aimé les retournements de rôles, les positions originales, la trame. Moins le rendu. Après, c’est une question de goût.

Au final, mon cher stagiaire percute les idées que l’initiateur charnel est un homme, il renverse les rôles, titille la curiosité. L’écriture permet de rentrer assez facilement malgré ses quelques petites longueurs dans le récit. Les personnages possèdent assez de caractères et de peps pour emporter dans leur tourbillon professionnels et privés. La sauce a juste eu moins de charme qu’escompter à mes yeux. Il n’empêche que l’histoire s’avère plaisante, divertissante, très bien écrite.

★ Merci aux éditions Calmann-Lévy et à NetGalley pour ce SP ★

★Ma note:★
★ 7,5/10 ★
★Informations:★
Auteure: Anouk Laclos
Editions: Calmann-Lévy
220 pages
Date de parution: 1 juin 2016
Prix: 15 euros
Disponible en numérique: Oui
Thèmes: Erotisme, Romance

Note de l’éditeur
La première production littéraire érotique 100% Made in France où les rôles habituellement dévolus aux hommes basculent enfin. Avec Mon cher stagiaire, il s’agit pour Calmann-Lévy d’approcher la littérature érotique mais en l’embrassant à la française. Avec cette production originale, il s’agit de questionner la sensualité et la sexualité attendue des femmes par leur entourage, par la société mais également d’expérimenter le renversement des rôles dans les relations hommes-femmes. Et si c’était pour une fois la femme qui initiait un (jeune) homme ? Et si le plaisir des sens et l’hédonisme que le monde nous envie permettait d’ouvrir la voie d’une initiation à la française ?

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