[Avis] Lovelace de Rob Epstein, Jeffrey Friedman

Lovelace m’a été très agréablement surprise. Je vous vois venir, un film sur une actrice porno, ça attire forcément les foules et l’attention. J’étais curieuse, je connaissais de nom Gorge profonde. Je pensais pas être captivée ni aussi bluffée par l’interprétation de Seyfried.  Rob Epstein et Jeffrey Friedman ont su employer un ton étonnant ni salace ni vulgaire. Je m’attendais à du cru, du violent, du sombre, du drame. Pour ce dernier, la trame est incontestablement loin d’être une comédie joyeuse. Le film se joue en deux actes touchants, dramatiques et captivants. L’actrice principale Amanda Seyfried est superbe. J’ai eu les larmes aux yeux. Oui, j’ai eu des petits grains de poussière, j’ai été touchée et du coup j’ai utilisé des mouchoirs. (non pas comme vous pourriez le penser devant une pornographie, car ici rien n’est dévoilé, tout est dans la suggestion, même pas un seul sein, ou alors pas de quoi vous faire perdre la vue, ni d’anatomie masculine…)

Lovelace Affiche Peter Sarsgaard

La photographie donne des airs des années 70, comme un petit bond dans le temps. La première partie laisse supposer que l’héroïne est maitresse de son destin. Tout en mettant un petit truc qui dérange, pousse à réfléchir. J’ai été titillée tout le long pour ma part, un point me dérangeait, clochait, trop lisse, trop propret, parfait. Je guettais le fond, la vérité derrière le voile. La deuxième partie offre une vision qui explique mon malaise, mon intuition. Elle décline une descente aux enfers pour Linda Lovelace, entre la violence conjugale, les viols, le semblant de prostitution, rien ne lui est épargné. L’image de l’héroïne s’en ressort plus fort, son sourire de façade, sa robe presque virginale blanche se phare d’un autre visage.

Lovelace - Photo Amanda Seyfried

 

Amanda Seyfried est remarquable, elle capte le regard. J’ai eu une énorme envie de la cajoler, de l’aimer, de la soutenir, de la prendre dans mes bras dès la première scène. Le reste du casting a son charme. Sharon Stone est sidérante dans son rôle, dure, elle remue les tripes. Peter Sarsgaard colle des frissons. Lovelace arrive comme un témoignage rempli de sensualité d’une actrice qui n’a pas choisi sa carrière. Une femme forte, souriante, surprenante. Le film est pour un public averti. La conclusion se devine, le biopic réussit à sortir des routes, il est émouvant, fragile, et presque parfait.

Synopsis:

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs 

A la fin des années 60, Linda étouffe au sein de sa famille que sa mère, aussi rigide que ses principes religieux, dirige d’une main de fer. C’est une belle fille de 20 ans, prête à embrasser la vie avec enthousiasme malgré sa timidité et sa naïveté.
Quand elle rencontre Chuck Traynor, elle ne résiste pas à son charisme viril, quitte le domicile familial pour l’épouser et fait auprès de lui l’apprentissage d’une liberté qu’elle soupçonnait à peine.
Chuck la persuade de ses multiples talents et l’incite à se laisser filmer lors de leurs ébats. Amoureuse et soumise, elle accepte de jouer quelques scènes d’un film pornographique.
Quelques mois plus tard, en juin 1972, la sortie sur les écrans de GORGE PROFONDE fait d’elle du jour au lendemain une star unique.
Vivement encouragée par Chuck, Linda saisit à bras-le-corps sa nouvelle identité de reine de la liberté sexuelle.

Note:

8/10

Informations:

Sortie: 8 janvier 2014 / Distributeur: / Genre: Biopic

Casting:

Amanda Seyfried, James Franco, Wes Bentley, Chloë Sevigny, Eric Roberts, Juno Temple, Peter Sarsgaard, Sarah Jessica Parker, Sharon Stone

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