[Avis Lecture] Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur de Harper Lee

Résumé :

Dans une petite ville de l’Alabama, à l’époque de la Grande Dépression, Atticus Finch élève seul ses deux enfants, Jem et Scout. Avocat intègre et rigoureux, il est commis d’office pour défendre un Noir accusé d’avoir violé une Blanche. Ce bref résumé peut expliquer pourquoi ce livre, publié en 1960, au cœur de la lutte pour les droits civiques des Noirs aux États-Unis, connut un tel succès.
Mais comment ce roman est-il devenu un livre culte dans le monde entier? C’est que, tout en situant son sujet en Alabama dans les années 1930, Harper Lee a écrit un roman universel sur l’enfance. Racontée par Scout avec beaucoup de drôlerie, cette histoire tient du conte, de la court storyaméricaine et du roman initiatique. Couronné par le prix Pulitzer en 1961, Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur est l’un des plus grands classiques de la littérature du vingtième siècle.

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Mon avis :
Je n’avais plus de souvenirs de « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur ». J’ai eu l’impression de redécouvrir un des plus beaux romans de mon existence. Un des petits bijoux que tout lecteur devrait croiser un jour. Un de ces moments magnifiques qui se gardent précieusement dans un coin et se partage. Tous les mots du monde ne suffirait pas à crier tout le plaisir, le bonheur que j’ai eu en lisant la plume de Harper Lee.

Scout, du haut de ses 8 ans emporte dans un récit captivant. L’héroïne nous fait toucher du doigt la ségrégation. La plume s’avère un vrai délice teinté d’humour. Les sensations sont là et ne quittent jamais le lecteur. Le cœur palpite, tombe sous le charme de sa narration étonnante. Ce petit garçon qui dévoile sous son regard son univers. Le regard de l’enfance apporte un décalage surprenant au récit. Sur les routes des tendres années, au côté de Jem et Atticus, la malice s’installe, les émotions sont teintés de cette magie des tendres années, un peu naîf, un peu enclin à voir en chacun une part de bon.

L’écriture de Harper Lee s’avère un vrai bonheur. Fantastique. Elle donne la sensation de suivre Scout dans ses aventures. Son innocence est une véritable bouffée de fraîcheur. Une grande. Une incroyable. Le fond pourrait souffrir de lourdeurs, loin de là, la ségrégation raciale vue à travers les yeux d’une 8 ans ne souffre pas des visions d’adultes, les mots, les émotions, tout se met à la portée comme si nous étions ce petit bout. Sa manière de voir les choses permet de souffler, d’envisager les événements avec du recul, de sourire devant les traits d’humour, d’envisager les tournures sous un trait plus léger.

Scout n’aime pas aller à l’école. Ses visites et ses jeux avec Dill les mènent vers la maison Boo Radley. Le voisin taciturne est la victime de rumeurs. Chacun a son avis sur lui. La rencontre avec ce personnage modifie la vie de notre héroïne. Les routes se divisent, entraînent dans des chemins. Pour notre plus grand bonheur. Le genre de changement qui vous pousse à réfléchir. Atticus, père, avocat intègre, se retrouve charger de défendre une personne de couleur accusé de viol sur une blanche. Une bataille s’ensuit. Faire face aux regards des autres, garder la tête haute, défendre sa famille, garder sa dignité. Tout le panel des personnages marquent, gagnent des points et touchent en plein coeur. Harper Lee cache derrière sa petite héroïne, des thèmes parfois violents, cruels, durs comme la ségrégation, les préjugés, les idées préconçues… Seulement ils sont présentés par le biais de cette merveilleuse héroïne, cet enfant attachante au possible. Doucement, elle nous montre avec les notes magiques des années tendres les différences qui n’en sont pas quand on a 8 ans. Peu importe la peau, les origines, un ami est un ami.

Au final, Ne Tirez pas sur l’oiseau moqueur cache derrière son humour un fond plus brute. Un roman remplit d’espoir, de cette innocence magique, de ce regard d’enfant où tout est possible, loin de l’univers des adultes. A dévorer sans hésiter.

Je remercie les éditions Grasset et NetGalley pour la découverte.

Ma note :
8,5/10

Informations :
Broché: 480 pages
Editeur : Grasset
Date de parution: 7 octobre 2015
Collection : Littérature Etrangère
Prix: 22,90 euros en version papier.

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