[Avis] Chemin de croix ( Kreuzweg ) de Dietrich Brüggemann

Chemin de croix de Dietrich Brüggemann offre la route en quatorze points d’une jeune héroïne qui se sacrifie. Une plongée dans le catéchisme fondamentaliste prenante, qui retourne et secoue les tripes. L’impression de voir une assemblage de tableaux posés sous les yeux du spectateur avec une lumière qui m’a rappelé sans cesse George de la Tour, comme si la modernité laissait la place à des pensées plus anciennes. Etrange. Le chemin de croix qui s’installe sera celui de Maria. Jeune fille frêle, perdue, troublée par les émois de l’adolescence.

Synopsis:
Maria, 14 ans, vit dans une famille catholique fondamentaliste. A la maison comme à l’école, son quotidien est régi par les préceptes religieux. Entièrement dévouée à Dieu, elle n’a qu’un rêve : devenir une sainte. Suivant l’exemple de Jésus, elle entame son propre chemin de croix dont rien ni personne ne peut la détourner.

Chemin de croix - Affiche

Lea van Acken incarne une Maria lumineuse. Magnifique. Son parcours mis en parallèle avec celui de Jésus Christ, se pose comme une descente en enfer. Ou une échappatoire. Les cours de catéchisme avec le prêtre donne un aperçu du quotidien de l’héroïne. Les préceptes religieux sont énoncés à travers une critique, les couleurs se voilent de teintes froideS. Comment abandonner un simple plaisir comme la lecture? ou un carré de chocolat? La quête de devenir quelqu’un de respectable, de saint devient viscérale. Les brimades sont le lot de Maria. La seule once de bonheur apparaît avec la jeune fille au paire française et son petit frère. La voir se refermer, se briser, se vider de son essence tord les boyaux.

Franziska Weisz incarne une mère troublante. Déroutante. Elle possède une emprise totale sur sa famille. Mon coeur s’est serré à de nombreuses reprises. La matriarche impressionne avec son contrôle absolu. Nul ne semble pouvoir exister en dehors de ses convictions, même le père paraît presque invisible ou absent face à sa présence. Son fanatisme étouffe ses enfants. Il submerge. Il pousse à chercher un moyen de quitter son cocon. Maria apparaît sur une facette fragile, douce, innocente, dépassée. L’envie de la prendre, de l’aimer, de la sortir de là prend de plus en plus d’ampleur au fil des scènes. La fin se dessine inévitablement.

La persévérance de la jeune fille, son obsession captive tout en possédant un côté malsain. L’étouffement se ressent au plus profond de notre fibre. La solution inéluctable dans la lignée de la croyance catholique apprise depuis le plus jeune âge de Maria touche et pose à s’interroger sur l’influence de l’éducation, la religion et sa portée, sur le regard des autres et l’acceptation des différences. Le coeur lourd à la fin de la séance pèse dans la poitrine. Chemin de croix n’est pas une film tendre. Il griffe son sujet transporte son spectateur dans un voyage macabre froid, qui semble glacer au fil des points pour atteindre son apogée au clap de fin.

Note:
7/10

Informations:

  • Date de sortie: 29 octobre 2014
  • Durée: 1h50min
  • Réalisateur: Dietrich Brüggemann
  • Casting: Lea van Acken, Franziska Weisz, Klaus Michael Kamp
  • Genre: Drame
  • Nationalité: Allemand
  • Distributeur: Memento Films Distribution

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