[Avis] A l’ombre des cerisiers de Dörte Hansen

★Synopsis:★
C’est au printemps 1945 que la petite Vera voit pour la première fois la vieille ferme perdue au cœur d’un immense verger. Sa mère et elle viennent de traverser à pied une Allemagne en ruines.
Soixante-dix ans plus tard, Vera, qui occupe toujours la maison, voit débarquer à son tour sa nièce, Anne, en pleine rupture amoureuse, et son jeune fils Leon.
Les deux femmes, fortes têtes et solitaires, vont affronter ensemble une histoire familiale traversée de secrets et de non-dits. Sauront-elles redonner vie à ces murs hantés par les chimères du passé ? Pour cela, il faudra d’abord apprivoiser les habitants du village qui ne manquent ni de caractère ni d’originalité…
Avec beaucoup de tendresse et un humour mordant, ce premier roman brosse le portrait de deux femmes indépendantes qui vont trouver ce qu’elles ignoraient chercher : une famille.

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★Mon avis:★
A l’ombre du cerisier est un délicat voyage teinté de tristesse. Je sors mitigée de ma lecture.Le style sobre marque. Certains passages m’ont littéralement transportée, émerveillée, chamboulée, d’autres m’ont poussée à décrocher, m’ont déroutée. L’auteure dresse un portrait non dénue d’une infinie mélancolie à travers ses protagonistes. Le coeur se sert un peu plus à chaque petit pas fourni. Les êtres y prennent une tournure pas toujours simples. Ils sont complexes, rudes, bruts parfois. Difficile de les aimer, difficile de succomber totalement et de les apprécier. A travers Vera et Anne, le roman tisse un fil conducteur sur l’identité et les liens familiaux. Vera a connu la guerre. Anne sort d’une rupture. Les ramifications se dessinent au fil des chapitres.

Vera est le personnage à la fois fascinant et irritant. Il conserve toujours une part de mystère. La première partie sur son enfance m’a donné un petit goût étrange. Parfois perplexe. Parfois émue. C’est une sacrée femme, solitaire, touchante, sous son apparence froide et austère se cache des douleurs, un passé qui se pointe du doigt mais un coeur en or, une chaleur qui ne souhaite que sortir de son carcan de glace. Elle s’est forgée une carapace. Le destin ne lui a pas trop donné le choix. Une manière pour l’héroïne de survivre, de continuer à vivre malgré les coups du sort. Anne, est plus délicate à suivre, tout en pudeur, en retenue. Les deux femmes vont s’apprivoiser, se rencontrer, se bousculer.

L’auteur aborde plusieurs thèmes, avec les conséquences de la guerre à travers le fils d’Ida Karl, les histoires de femmes et les différences générationnelles. La plume possède un attrait inégal, des lourdeurs plombent la compréhension, l’afflux d’informations nuit et desservi le récit. Dommage car, le fond est magnifique, prenant. Peut-être que cette impression marque car dès le début, les présentations sont massives, puis doucement, les chapitres deviennent moins pesant. La pression évolue. Les émotions sont là. Léon est la petite pépite du roman, il désamorce beaucoup de tensions.

A l’ombre des cerisiers s’avère être la rencontre entre deux coeurs blessés, deux âmes qui ne demandent qu’à trouver un coin pour s’exprimer et aimer. Deux femmes qui doivent apprendre à exister au delà des drames familiaux, à avancer et voir le lendemain d’une autre manière.

Ps: la couverture est sublime, poétique, délicate.

★ Merci aux éditions Kero pour ce SP ★

★Ma note:★
★ 8/10 ★

★Informations:★
304 pages
Editeur : Kero
Collection : KER.LITTERAT.ET
Date de parution: 4 mai 2016
Prix: 19,90 euros

★Biographie de l’auteur★
Née en 1964 à Husum, petite ville côtière au Nord de l’Allemagne, Dörte Hansen a fait des études de langues et de linguistique avant de se tourner vers le journalisme. Elle vit près de Hambourg. A l’ombre des cerisiers, énorme best-seller en Allemagne avec plus de 400 000 exemplaires vendus, est son premier roman.

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