[Avis Film] Mistress America de Noah Baumbach

Synopsis :
Étudiante en première année dans une université de New York, Tracy se sent bien seule : elle ne fait ni les rencontres exaltantes auxquelles elle s’attendait, ni ne mène la vie urbaine trépidante à laquelle elle aspirait. Jusqu’au jour où elle est accueillie par sa future demi-soeur Brooke, New-Yorkaise pure et dure habitant à Times Square. Séduite par les extravagances de Brooke, Tracy découvre enfin le Manhattan dont elle rêvait…

Mon avis :

Mistress America

Noah Baumbach offre avec Mistress America un New York étonnant, à la fois lumineux, et décalé. Pour ma part, je reste un peu sur ma faim, j’ai aimé ce style pop, coloré, avec la bande-son omniprésente, ces tonalités mélangeant des axes différents voir opposés. Joie et tristesse, mélancolie et humour, sourire et larmes. L’ambiguïté se joue sur plusieurs plans. Les personnages principaux ont eu un rôle important sur cette impression.

Les héroïnes tout d’abord, les deux demi-sœurs Lola Kirke (Tracy) et Greta Gerwig (Brooke) sont magnifiquement le contraire l’une de l’autre, effacée et timide versus dynamique et survoltée. Chaque protagoniste s’exprime avec ses nuances. Parfois d’une manière exubérante, parfois en retrait, presque invisible, si léger que les mots prennent davantage de poids. Leurs actes les représentent à la perfection, entraînant un sentiment mélangeant attendrissement et énervement.

Tout le long du film, je me suis retrouvée partager. Partager entre aimer ou détester ces deux jeunes femmes. Peut-être que le flux presque discontinu des histoires hautes en couleur m ‘a perturbée. Deux opposés qui se rencontrent, les deux changent un peu, semblent sortir de leur route au contact de l’autre. Seulement, il m’a manqué une étincelle pour me marquer. J’ai pourtant aimé l’hyper-activité de Brooke(Greta Gerwig) , cachant une envie de ne pas être seule, qui court après la vie, le temps, court tout simplement pour profiter de son existence sans se soucier des conséquences. Pareil pour Tracy, réservée, calme, elle m’a par moment dérangée, agacée, elle a un tantinet tendance à être égoïste à mon sens. Je passerai sur l’interrogation que je me suis posée si le personnage de Tracy n’était pas amoureuse de Brooke, si sa lumière, son aura ne l’attirait pas…

Toutes les deux possèdent du charme, une folie douce décalée ravissante. Seulement, l’attachement n’a pas eu lieu. Pas totalement, j’ai admiré les interprétations de Gerwig et Kirke, juste que je n’ai pas accroché avec le rendu général. Noah Baumbach dépeint des personnages féminins qui poussent à ressentir des sentiments bons ou mauvais. Ici, pour moi, la sauce a pris en dents de scie. Mistress America permet de rêver, de croire que tout est possible dans la ville de la Grande Pomme. Pointant du doigt que les apparences sont trompeuses, les gens heureux ne le sont pas forcément et inversement. La réalité quand on regarde de plus prêt à un visage différent. La solitude ronge tout le monde sans exception, il arrive simplement que certains la cachent, la camouflent mieux que d’autres. Sur ce point, j’ai adoré la vision du long métrage.

Au final, Mistress America s’avère plaisant, divertissant surtout par sa dualité des personnages.

Ma note :
6/10

Informations :
Date de sortie 6 janvier 2016
Durée: 1h24min
Réalisateur: Noah Baumbach
Genre: Comédie
Nationalité: Américain
Distributeur: Twentieth Century Fox France
Avec : Greta Gerwig (Brooke), Lola Kirke (Tracy), Matthew Shear (Tony), Jasmine Cephas Jones (Nicolette), Heather Lind (Mamie-Claire), Michael Chernus (Dylan), Cindy Cheung (Karen), Kathryn Erbe (mère de Tracy)…

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