{Crok’Lecture} NOUS FAISIONS SEMBLANT D’ETRE QUELQU’UN D’AUTRE de Shani Boianjiu

Ma lecture d’insomnie de ce week-end a été le premier « roman » de Shani Boianjiu: Nous faisions semblant d’être quelqu’un. Une découverte étonnante, un peu abrupte. 

Synopsis: (présentation de l’éditeur)
Camarades de classe depuis l’école primaire, trois jeunes Israéliennes fantasques cherchent des dérivatifs à leur ennui dans un village près de la frontière ou rien ne se passe, sinon le pire. Sarcastique et autoritaire, Léa donne les règles du jeu, entraînant l’espiègle Yaël et la sombre Avishag. La fin de leur scolarité signe la fin de leur insouciance. Propulsées dès dix-huit ans dans le monde monotone et brutal de l’armée pour effectuer leur service militaire, elles se collettent avec toute la violence d’un pays en état d’alerte permanent. Léa est postée à un checkpoint en Cisjordanie, Avishag sert dans une unité de combat chargée de surveiller la frontière égyptienne et Yaël entraîne les soldats au maniement des armes. Chacune tente de traverser à sa manière ces terribles années. Portrait implacable d’une génération perturbée, ce roman initiatique met en lumière la difficulté universelle d’être jeune et de forger son identité.

Couverture Nous faisions semblant d'être quelq'un d'autre de Boianjiu

Avis:

Léa, Yaël et Ashivag sont trois jeunes filles de dix-sept ans. L’âge de l’insouciance, de la découverte, des premiers émois en amitié ou en amour. Les premières pages permettent de les connaître, de se familiariser avec leur caractère. Puis vient leur dix-huit ans et leur départ pour deux ans de service militaire. Le roman pose la bascule entre « l’innocence de l’adolescence » à la dureté du monde des adultes. Israël en état d’alerte permanent prend un nouveau visage à travers ses trois héroïnes. Les mots se parent d’une violence, d’un ressenti parfois à la limite du supportable.

Les chapitres alternent les points de vue. Mon coeur a eu plusieurs ratés. Les mots vont au-delà des pages, ils cognent d’un direct et marquent. Ils sont durs, rudes, violents et intenses. A l’opposé, des touches détendent un peu l’atmosphère tout en la gardant dans un univers sombre en perpétuel conflit. La lecture oppresse un tantinet. Je me suis retrouvée pourtant à désirer connaître les destins de Léa, Yaël et Ashivag. Tout du long, elles conservent une part étrange de naïveté? d’innocence? d’espoir? (je cherche encore réellement l’impression qu’elles m’ont donnée) à travers les épreuves traversées qui m’ont laissée tour à tour perplexe, étonnée, surprise. Le rite obligatoire du service militaire apparaît comme un périple traumatisant. Entre les coucheries, les viols, les missions, la description des armes (en long en large et en travers…), le coeur est malmené. Au fil des pages, les sentiments de choc, de malaise, d’absurdité se côtoient, se mêlent, se mixent. J’ai eu du mal à me passionner pour les trois jeunes filles, j’étais partagée entre vouloir savoir la fin et l’envie d’arrêter tellement les mots ont un côté dérangeants, troublants. La génération dépeinte semble avoir perdu tous ses repères, son âme ère sans se trouver d’encrage pour l’aider. Du brut en barre, du lourd, du pesant, les mots sont difficiles à poser et ne laisse pas de marbre.

(si vous l’entamez, prévoyez une lecture légère après pour souffler).

Nous faisions semblant d’être quelqu’un 

Note:
7/10

Informations:
Auteure: Shani Boianjiu
Editeur Robert Laffont
Traduit par Annick Le Goyat.
Parution : 21 Août 2014
Format : 135 x 215 mm
Nombre de pages : 324
Prix : 21,00 €

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