[Avis] The Company Men de John Wells

Synopsis : Bobby Walker est l’incarnation même du rêve américain : il a un très bon job, une merveilleuse famille, et une Porsche toute neuve dans son garage. Mais lorsque la société qui l’emploie réduit ses effectifs, Bobby se retrouve au chômage, tout comme ses collègues Phil Woodward et Gene McClary. Les trois hommes sont alors confrontés à une profonde remise en cause de leur vie d’hommes, de maris et de pères de famille.
Bien loin de ses talents de cadre supérieur, Bobby se retrouve obligé d’accepter un emploi dans le bâtiment pour le compte de son beau-frère. Cette expérience va le pousser à découvrir qu’il y a peut-être plus important dans l’existence que de courir après la réussite…

Kevin Costner, le fantasme mon adolescence dans un nouveau film, j’avoue avoir tilté sur son nom dans le casting haut en couleur de The Company Men. Une cerise sur le gâteau aux côté de Tommy Lee Jones, Ben Affleck ou encore Chris Cooper, tout le monde a ses faiblesses. Le sujet des subprimes m’intéressait aussi alors d’une pierre deux coups avec l’oeuvre de John Wells.

The Company Men aborde le licenciement suite à la crise économique d’un point de vue des cadres américains. Belle maison, belles voitures (Porsche, Ferrari…), costumes de marques, la parfaite panoplie de l’homme qui gagne bien sa vie, loin des soucis basiques des américains de la classe ouvrière. Mon petit reproche, même si le travail manuel est traité avec le rôle du charpentier tenu par Kevin Costner, est d’envisager la crise bancaire que sur le plan des salaires supérieurs à 130 mille dollars par an (sans les primes). Les ouvriers ne sont pas étoffés, ils interviennent avec un grand coeur, sans pour autant voir leur difficulté mise en avant.

Il est vrai que l’histoire se concentre sur Bobby Walker(Ben Affleck) directeur commercial de moins de quarante ans qui a tout pour séduire: famille, voiture, maison et travail. Sans rien comprendre, il se retrouve sur la liste des licenciés de sa société. Ni une ni deux, les cartons dans les mains, il se voit mis à la rue après plus de 8 ans de bons et loyaux services. Pour seul bagage, Bobby emporte des indemnités pour 3 mois et 4 mois de formation dans un centre équivalent à notre Pôle Emploi national.

Bobby se croit le plus fort, le plus doué. Il arrive au centre qui accueille ses ex-collègues en gagnant. Loin de déchanter devant les soucis financiers que sa femme Maggie (Rosemarie DeWitt) lui énonce: les traites du crédit immobilier, de la voiture, de son adhésion annuelle au club de golf, du pressing (plus de 600dollars par mois), de la nourriture… Vivant dans sa sphère au-dessus des réalités, le cadre pense réellement surmonter tous les problèmes avec son sourire de requin tout en conservant son train de vie. Il mise tout sur l’apparence, pour être un winner il faut s’en donner les moyens et ça passe par toutes ses dépenses futiles pendant une crise. Même ses enfants ne le remettent pas sur terre. Il déchantera en constatant que son fils rend son cadeau d’anniversaire car la famille a du mal à payer les factures. Une des plus belles scènes chargée en émotion pour ma part, vient de sa prise de conscience, de la claque tardive que Maggie lui donne en lui assénant la nouvelle. L’électro-choc est enfin là. Remontant ses manches, le cadre supérieur finit par devenir manutentionnaire sur le chantier de son beau-frère.

Deux autres destins sont narrés: Tommy Lee Jones et Chris Cooper. Le premier était prévisible, le second a eu le mérite de me surprendre, je ne m’attendais pas du tout à cette situation. Les salaires énoncés font peur, ils creusent le fossé entre les classes avec les revenus, les primes, les actions. Malheureusement, les chiffres donnés sont des faits rééls, toutes les grandes sociétés ont leur patron, leur hauts cadres avec un train de vie hors réalité, plus ils en ont plus ils en valent. Une commode à plus de 16000 dollars, ça vous secoue un peu quand même, c’est comme acheter une paire de chaussons pour eux.

La morale du film est que le licenciement, le chômage touche tout le monde sans aucun scrupule. L’argent appelle l’argent, toujours plus.
Difficile de constater que les cadres ont du mal à diminuer leur dépenses, que pour eux le golf a plus d’importance que le reste. La vie de Kevin Costner (certes vieillissant mais toujours aussi délicieux- quoi je suis pas objective? ) et Eamonn Walker m’ont un peu plus remuée. Drôles et attachants d’un certain point de vue. Néanmoins la performance de Ben Affleck est bluffante moins nouille que d’habitude.

Le parcours pour le retrouver un emploi est réaliste: les rendez-vous, les démarches téléphoniques, mails, les entretiens, les réponses négatives, l’attente ou les ateliers avec les chants, les contacts qui vous donnent des adresses sans vraiment vous aider… les scènes nous projettent à la place du chômeur. Les plus jeunes ont plus de chances que les cadres quadragénaires et plus, les salaires sont revus à la baisse, malgré l’expérience, les employeurs donnent le sentiment que les licenciés vivaient dans leur bulle.

The Company Men a été une agréable surprise même si la fin demeure un happy end à l’américaine prévisible, un peu trop optimiste dans un sens. Un drame social trouvant une solution avec des acteurs comme Ben Affleck, Tommy Lee Jones ou Chris Cooper qui le servent magnifiquement.

Note: 7/10

Bande annonce :

Date de sortie cinéma : 30 mars 2011
Réalisé par John Wells
Avec Tommy Lee Jones, Ben Affleck, Chris Cooper, Kevin Costner, Maria Bello, Rosemarie DeWitt
Long-métrage britannique , américain . Genre : Drame
Durée : 01h52min Année de production : 2010
Distributeur : Gaumont Distribution

Site officiel : http://www.companymen-lefilm.com

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