[Avis] Splice de Vincenzo Natali

Synopsis : Clive et Elsa sont des superstars de la science : ils ont réussi à combiner l’ADN de différentes espèces animales pour obtenir de fantastiques hybrides. Ils sont amoureux l’un de l’autre autant que de leur travail et veulent à présent passer à l’étape suivante : fusionner de l’ADN animal et de l’ADN humain. Lorsque le laboratoire pharmaceutique qui les finance refuse de les soutenir, Clive et Elsa décident de poursuivre leurs expériences en secret. Ils créent Dren, une créature étonnante dont la croissance rapide la fait devenir adulte en quelques mois. Alors qu’ils redoublent d’efforts pour préserver leur secret, leur intérêt scientifique pour Dren se mue peu à peu en attachement. Dren finira par dépasser les rêves les plus fous du couple… et leurs pires cauchemars.

Vincenzo Natali, je l’ai connu par son oeuvre qui m’a scotchée à l’époque: Cube, les retrouvailles furent un plaisir mitigé avec Splice. Le film sort sur les écrans le 30 juin 2010. Lors de sa projection au Festival de Gerardmer ou Sundance en 2010, l’oeuvre a entrainé plusieurs réactions mitigées bonnes ou mauvaises comme lors des diverses avant-premières qui ont eu lieu depuis. Le thème abordé ne laisse pas insensible: la manipulation génétique et ses dérives. L’idée intéressante se noie dans un méandre de points limite parodique d’autres oeuvres comme La Mouche, la Mutante ou les Pokémons. Je me tairais sur les commentaires qui m’ont fait sourire alliant le mode de transport de Dren et Metal Gear Solid. Les acteurs qui jouent le trio principal est remarquable: Sarah Polley alias Elsa (Mr Nobody), Adrien Brody alias Clive(Le Pianiste), Dren alias Delphine Chaneac (Brice de Nice).


Au départ, deux scientifiques travaillent sur des manipulations génétiques pour trouver une protéine qui sauvera l’humanité. Dès les premièrs essais, qui réussissent assez rapidement, mon esprit a trouvé le donneur anonyme d’ovule. Car Dren nait de la naissance d’un ovule humain et d’une combinaisons d’espèces animales (poissons, oiseaux, mammifères…) ce qui lui confère un physique inattendu. Contrairement aux premiers « cobayes » Ginger et Fred, la nouvelle création évoluera sous nos yeux en un temps record, passant d’un aspect « larveé à une femme avec des jambes d’oiseaux, avec 4 doigts à chaque mains. La transformation s’avère étonnante. J’ai néanmoins davantage eu de plaisir à voir Dren en petite bestiole mignonne amatrice de Tic Tac qu’en version adulte. Le regard de la créature bluffe, il est incroyablement humain, il souligne malgré le manque de paroles ses sentiments. Un rêve éveillé pour ses « parents », un miroir pour Elsa. Delphine Chaneac porte Dren sur ses épaules, toutes ses métamorphoses, ses attitudes, ses regards crèvent l’écran. La soucis, c’est la noirceur autour, seulement parfois les éléments autour l’efface et la rende presque ridicule.


Les Nerds apprécieront les différents clin d’oeil à leur univers: les goodies (figurines, tableaux, look, vêtements, décorations…) , le nom de la société qui emploie Clive et Elsa a pour accronyme N.E.R.D. Dren en est un anacyclique. J’en oublie certainement. Ils sont nombreux. Vous en trouverez certainement d’autres. Sauf si vous restez scotchée sur les t-shirts d’Andrien Brody et les multiples figurines de son appartement.

Le fond soulève des idées non négligeables. Entre le trio Elsa, Clive et Dren, les sentiments amoureux et Oedipiens transpirent de partout. Je les ai vu venir de loin. Trop peut-être, j’ai pas du gardé mon âme d’enfant pour voir de tels mélanges de fluides et d’amour apparaitre. Le désir d’enfant tout en conservant son identité, son corps. Comment peut-on s’imaginer qu’un être ne souhaite pas prendre son envol? partir et grandir au delà de son créateur? Tout comme un enfant, Dren part vers sa propre destinée. Dommage de ne pas comprendre le vrai passé de sa « génitrice » Elsa, maltraité dans son enfance, cette dernière fabrique Dren pour pallier à un manque. Les questions apportées sont légions: la tolérance, le bien fondé des recherches et la finalité d’une relation aboutissant à la naissance d’un « enfant ». Je ne souhaite pas spoiler. La fin se conçoit dans la lignée de l’histoire. Les dialogues aident à la poser. Les images des 10 dernières minutes ne sont pas pour tout le monde. Elles peuvent choquer elles mettent en scène un viol. Les scènes les plus dérangeantes arrivent d’une manière déplacée. J’ai du mal à expliquer mais elles ont mis mal à l’aise ou font sourire selon la personne car dans le contexte du moment ils dénaturent le côté sombre voulu par Natali (enfin à mes yeux, je ne suis pas le réalisateur alors c’est une hypothèse ou plutôt un constat)


Splice montre une vision philosophique et psychologique noire de l’humanité. Créer un être, l’emprisonner, le voir évoluer tout en le privant de liberté sans se soucier de ses sentiments. Dur de traiter des relations de couples, de interdits de l’amour Oedipien, l’abus sexuel, l’influence du passé et des traumatismes de l’enfance sur l’adulte et ses choix, les limites de la génétique. Si seulement la fin n’avait pas été celle ci… les minutes avant le générique m’ont gâché le plaisir que j’aurai pu avoir s’il n’avait pas été mis à terre avant. Entre l’inceste, le lien mère/fille, le viol, le thème de l’avortement qui montre son nez, trop de sujets de réflexions, trop d’informations à traiter. J’ai par moments cru voir un téléfilm. J’ai apprécié la psychologie pas le rendu.

En vrai, Splice pousse à réfléchir. A la sortie, j’ai été partagée entre plusieurs sentiments. Mon coeur de maman a eu un petit coup de « mais bordel ». C’est le genre de film dont on ne sort pas inerte, impossible de rester sans réaction devant. Un mélange entre un bon et mauvais chemin déroutant, émouvant: science fiction, drames familiales, complexe d’Oedipe et Electre…  je n’en suis pas sortie indemne. Malheureusement, au final, le goût me reste un peu amer sur les lèvres. Un je ne sais quoi m’a déçue, j’ai eu l’impression de finir dans une mauvaise parodie de la Mutante même si tous les enchainements sont logiques. Splice est un film de genre, il mérite d’avoir une chance sous la canicule, il pourrait surprendre plus d’un spectateur. Natali avait su convaincre Guillermo Del Toro, moi j’ai moins aimé la manière de transposer à l’écran les idées, la science-fiction offre tellement de potentie, un tantinet moraliste pour moi et ceux malgré les côté positifs.

Vous pouvez lire l’avis similaire ou non sur d’autres blogs que j’apprécie:
Filmosphère
Plan-c
Geek Culture
Nivrae
Cinemaisnotdead
E-toile

4 commentaires sur “[Avis] Splice de Vincenzo Natali

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *