[Avis] No et Moi de Zabou Breitman si seulement…

No et Moi est l’histoire de deux jeune filles qui se rencontrent. Deux personnalités opposées, deux univers distincts. Lou (Nina Rodriguez) adolescente précoce, petit génie en retrait de ses camarades de classe. Les émotions sont difficiles à exprimer pour ce petit bout de femme. Son cerveau marche à 100 à l’heure mais un simple contact physique la bloque. Un soir, elle tombe sur Nora, dite No (Julie-Marie Parmentier) 18 ans. Tout va se retrouver bouleverser par ce simple échange.

No est pleine de peps, trop peut-être pour la famille de Lou qui accepte de l’héberger. Elle apporte un dérivatif, une autre vision du monde et quelque part une porte de sortie à leur léthargie. Sa présence pousse le père (Bernard Campan) et la mère (Zabou Breitman) a se dépasser, à quitter leur catharsis sentimental. Le quotidien change. No tente de reprendre une vie normale à leur contact.

Lou n’est pas en reste, adolescente rebelle, elle profite de No pour laisser parler son coeur. Elle apprend à s’exprimer au delà des mots. Les deux jeunes actrices forment un duo émouvant. Néanmoins, je n’ai pas ressenti autant d’émotions devant No et moi version cinéma que la version papier. Nina Rodrigez (Lou) m’a parfois trop donné le sentiment d’être sous lexomil. Pleine de sensibilité, une âme blessée à fleur de peau mais un détachement se ressent. Peut-être du à son rôle d’enfant surdoué. L’image des petits génies, des QI supérieurs me semblent réductrices. Je ne sais pas, j’accroche pas. Même si je dois avouer, que j’ai eu envie de câliner Lou, de la prendre dans mes bras, de l’embrasser et de l’aimer tout simplement. Tout cet amour qu’elle recherche m’a parlé.

Lucas (Antonin Chalon le fils de Zabou Breitman) tire son épingle du jeu. L’adolescent rebel aux hormones en folie qui est partagé entre Lou et No réussit à séduire le public. Ou moi seulement, un fils qui a le mérite de faire sourire, pareil que Lou il donne envie de s’occuper de lui en le maternant. (non mais oh petits esprits tordus, c’est mon coeur de maman qui craque) Le pauvre garçon qui héberge No qui se trémousse et se promène en tenues affriolantes pour un môme de 16 ans.

L’humanité est dépeinte sur des tableaux variés. Les personnages sont travaillés:

  • No exhubérante, crue, bondissante comme un Tigrou. Désolée la couleur de cheveux de la miss Parmentier doit jouer sur mon petit cerveau.
  • La mère de Lou déprimée et déprimante- d’accord qui ne le serait pas dans sa situation.
  • Le père décalé
  • Lou perdue en manque d’amour charmeuse mais léthargique -pardon c’est mon ressenti-
  • Lucas adolescent particulier

Le traitement visuel est beau. Le truc, je me suis ennuyée par moments. J’ai regretté le livre. Je m’attendais à un film plus remarquable, plus frappant, lus percutant. Il pousse à réfléchir certes sur notre attente des autres, sur les gens fantômes ceux de la rue, sur notre avenir, notre perception des autres…Les personnages veulent être aimé et aimé en retour, ils ont tous ce point commun. No et Moi essaie d’enlever les oeillères du confort quotidien. Seulement les mots de Delphine de Vigan qui donnent toute leur essence à No et moi à mes yeux n’ont pas su trouver échos sur un grand écran. Je suis triste et à la fois remuée par les interprétations des acteurs ou par l’histoire. A tel point que je n’arrive toujours pas bien à cerner mon vrai ressenti sur l’adaptation de Zabou Breitman. Comme un point que je préfère laisser en suspend de peur d’être trop dure alors qu’elle ne le mérite pas totalement, car c’est une question de ressenti. Personnellement, le coeur n’y est pas. Moopignon si seulement…

Note:5/10

Synopsis : On dit de Lou qu’elle est une enfant précoce. Elle a treize ans, deux classes d’avance et un petit corps qui prend son temps. Elle a une mère emmurée dans les tranquillisants, peu d’amis, et le ressenti aigu d’un monde qui va de travers. Lou doit faire un exposé sur une jeune femme sans abri. Elle en a vu une à la Gare d’Austerlitz. Une qui fait la manche, demande des clopes, s’endort sur la table du café lorsque Lou lui offre à boire pour l’interviewer. Elle a 18 ans, s’appelle No, Nora en fait mais tout le monde dit No, et bientôt Lou ne pourra plus se passer d’elle. Mais No est imprévisible, elle a grandi dans les foyers et elle ne ressemble à personne. Un jour, elle disparaît.Lou la recherche, sûre de ce besoin qu’elles ont l’une de l’autre. Lorsque No réapparaît à bout de forces, Lou sait ce qu’elle doit faire : No viendra vivre chez elle.

Sortie: 17 novembre 2010.
Distributeur : Diaphana

Merci à Allocine pour la projection en avant-première.

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