[Avis] Mon bel oranger de Marcos Bernstein d’après l’oeuvre de José Mauro de Vasconcelos

Synopsis:

Au Brésil, Zézé, presque 8 ans, vit à la campagne dans une famille pauvre. Il est sensible et précoce, aime raconter des histoires. Jamais à court d’idées, il se réfugie souvent sous les branches d’un oranger qu’il prend comme confident : à lui, son bel oranger, il peut confier ses secrets, ses peurs, ses joies…

Mon bel oranger - Affiche

Mon avis:

Mon bel Oranger est une des oeuvres de mon enfance, le brésilien José Mauro de Vasconcelos signe en 1968 un ouvrage personnel. Il y résonne un fond partiellement autobiographique qui sera le pansement de plusieurs enfants de part le monde. Un de ses petits trésors qui se lit avec une boule d’émotions, des picotements quand la dernière page se ferme. L’histoire narre une éducation dure souvent ponctuées plus par les coups que par d’autres solutions. Zézé est un héros qui boulverse, touche et ne laisse pas insensible. Marcos Bernstein a réussi à mettre en images les mots du récit de la résilience de ce petit être de huit ans. La réalisation s’appuie sur un casting brillant. Je suis restée scotchée devant le jeu du jeune Joao Guilherme Avila et les autres enfants.

La maltraitance sur enfants se pose délicatement. Elle prend aux tripes. J’ai eu les larmes aux yeux.Suivre Zézé dans sa quête d’amour est intense. L’enfant souhaite une famille. De son père au chômage, il ne gagne que de la violence. Comment ne pas sombrer? Ne pas craquer? Le titre tient la solution, le salut du jeune homme viendra d’un arbre: un bel oranger. Un arbre pour planche de survie, pour ne pas céder à l’horreur, aux douleurs. Et sur la route, une amitié étrange lui permettra de panser ses blessures: le vieux Portuga (au destin tragique). Un visage qui apporte une touche d’espoir en l’avenir. J’ai eu le coeur serré. J’ai eu une envie de serrer très fort Zézé dans mes bras. De l’emmener, de l’aimer, de le chérir. entre l’ami imaginaire et le réel, Zézé change. Il a ses piliers pour grandir.

Mon bel oranger - Photo José de Abreu

Je regrette plusieurs passages mal menés dans le film. Ils sont abruptes. Les images sont magnifiques, mais l’émotion est au dessus. Elle parvient à dépasser le visuel comme elle le faisait avec les mots. La luminosité des plans captive, accentuant le récit qui se pose sous les yeux du spectateur. Surtout les échanges entre Zézé et Portuga, des décharges pures de sensations, d’émotions. J’ai revécu la douceur de la découverte du roman, le flot à fleur de peau d’amour, de tristesse, de colère, d’espoir qui suit Zézé. La poésie et la vie prennent une illustration qui m’a redonné envie de lire José Mauro de Vasconcelos. Heureusement pour mon coeur, l’adaptation est imparfaite, si elle avait été divine, j’aurai fini en madeleine.

Un petit goût doux amer est emprisonné dans Mon bel Oranger. Un petit parfum de larmes, l’un de mes premiers coup de coeur de mômes sur les écrans, la fin résonne encore dans ma tête. La cruauté et l’injustice transpirent dans l’histoire de Zézé, la cruauté de la vie, de la famille, la dureté du passage de l’enfance à un monde adulte… L’oeuvre cinéma trouve un écrin maladroit, délicat, qui se veut conforme, fidèle, et respire l’amour pour l’original dont il s’inspire. La tendresse se ressent comme le message clé. Elle englobe son public. Elle ferait presque oublié les plans, les défauts et les faiblesses. Pour ma part, j’ai apprécié la justesse et la sincérité qui se dégage du film du début à la fin. J’ai cru voir vraiment Zézé, Portuga et l’Oranger de mon enfance.

Je reste toujours étonnée que le sujet soit classée en jeunesse. La trame est dure avec ses thèmes: misère, maltraitance, cruauté, la fin de l’innocence mais aussi une magnifique ôde à ne pas lâcher:  avec l’imaginaire, l’écoute, le partage, l’amitié, la tendresse, la protection d’un ami, la mort (j’en ai encore des larmes qui coulent). Je me souvenais de mon état en lisant le roman, j’ai revécu mes 10 ans, mes tornades émotionnelles devant le long métrage.  Mon bel Oranger est à voir avec son paquet de mouchoirs. Emotions intenses au rendez-vous, prenez garde, Zézé a dans son bagage des peurs, des joies et des peines qui ne laissent pas de marbres.

Ma note:

7/10

L’oeuvre écrite: 9/10

Mon-Bel-Oranger-Livre de Poche

Souvenir tendre de ma vieille édition, les Livre de Poche ont changé la couverture à l’occasion de la sortie du film. :wink:

Plus d’informations:

Sortie: 21 août 2013 / Distributeur: © DistriB Films / Genre: Comédie dramatique

Casting: 

Public dès 9 ans.

A noter, Mon bel oranger ne sera pas disponible en version française, uniquement du sous-titré.

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