[Avis Film] Vie Sauvage de Cédric Kahn

Synopsis:
Philippe Fournier, dit Paco, décide de ne pas ramener ses fils de 6 et 7 ans à leur mère qui en avait obtenu la garde.
Enfants puis adolescents, Okyesa et Tsali Fournier vont rester cachés sous différentes identités. Greniers, mas, caravanes, communautés sont autant de refuges qui leur permettront de vivre avec leur père, en communion avec la nature et les animaux.
Traqués par la police et recherchés sans relâche par leur mère, ils découvrent le danger, la peur et le manque mais aussi la solidarité des amis rencontrés sur leur chemin, le bonheur d’une vie hors système : nomades et libres.
Une cavale de onze ans à travers la France qui va forger leur identité.

Vie sauvage - Affiche

Mon avis:
Cédric Kahn s’inspire d’une histoire vraie pour Vie Sauvage. Suivre ce père marginal de deux enfants, divorcé interprété par Mathieu Kassovitz démarre sur les chapeaux de roues. Des scènes de bonheur transpercent l’écran. Le héros éduque ses garçons loin du carcan de la société. La scolarisation n’est pas pour eux. Il leur offre ou plutôt impose une vie autonome replié sur soi, sur leur famille. L’impression de vivre dans une autre époque, une autre bulle, loin des considérations du commun des mortels s’installe. Etrange tableau dans un premier temps, libre, sans barrière. Les regards parlent d’une nature brute sans emballages. Les questions se devinent au fond, mais ne se dévoilent pas.

Puis survient la réalité, à l’âge de l’adolescence, le monde prend une autre tournure. Son visage se modifie. La nature laisse place aux idées de la société. Dur de vivre libre pour s’intégrer et grandir. Difficile de ne pas s’interroger, de ne pas voir les fissures et les conflits qui se sont cachés et explosent avec les années en plus au compteur. L’ainé sort de sa chrysalide et bouleverse tout.

Le vrai visage de Paco s’exprime, adieu le sourire et le bonheur de façade. Bonjour, l’égoïsme et son côté patriarche monomaniaque. Rigide. Hors des normes, inclassable. Froid. Il se détache et apparaît loin de l’image du gentil que la première partie du film proposait. Les vérités éclatent. Le père reproche à son ainé de vouloir vivre dans une société consommatrice, de renier ses principes. Alors, que le jeune garçon souhaite juste sortir de son autarcie. Le cadet projeté au milieu des deux et écartelé dans son amour. Les deux jeunes acteurs Jules Ritmanic et Romain Depret sont magnifiques. Ils donnent vie à ce tiraillement de vouloir exister entre deux mondes.


Comment peut-on grandir si les choix ne sont pas libres? L’apparence liberté offerte n’étant qu’un leurre. Le portrait de Paco colle des frissons. L’évolution du personnage surprend, l’intransigeance du père marque. L’affrontement entre les diverses parties captive et retient l’attention. A noter, la mère jouée par Céline Sallette est impressionnante dans chacune de ses apparitions. Les larmes viennent devant le destin de ses deux enfants ballotés et pris en otages entre leur père et leur mère… Quelques scènes offrent des moments d’émotions intenses, sublimes et touchants.

Ma note:
8/10

Informations:
CONTENU DU DVD ET DU BLU-RAY
– Le film
– Un making of 34 minutes)
– Audiodescription
– Sous-titres Français pour sourds et malentendants

19,99 euros le DVD et le Blu-Ray
Date de sortie en salle: 29 octobre 2014
Date de sortie en vidéo: 11 mars 2015
Durée: 1h42min
Réalisateur: Cédric Kahn
Avec: Mathieu Kassovitz, Céline Sallette, Romain Depret
Genre: Drame
Nationalité: Français , belge

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