[Avis] L’Autre Monde une vision un peu éthérée

L’Autre Monde est un film réalisé par Gilles Marchand, avec Louise Bourgoin Grégoire Leprince-Ringuet et Melvil Poupaud. Présenté au dernier Festival de Cannes, j’ai eu l’occasion de le voir il y un petit moment déjà par le biais de Touscoprod. J’ai eu du mal à écrire mon avis car c’est un film qui m’a laissé perplexe. Pas évident de se forger une idée, l’histoire me plaisait, le rendu m’a dérouté.

Synopsis: C’est l’été dans le Sud de la France. Gaspard est un adolescent heureux qui partage son temps
entre ses amis et sa copine, Marion. Mais Gaspard va rencontrer Audrey et sa vie va basculer. Car Audrey est belle, sombre et double. Sur un jeu en réseau elle se fait appeler Sam et cherche un partenaire pour mourir. Pour tenter de l’approcher Gaspard se crée lui aussi un avatar, Gordon, et part la retrouver dans Black Hole.

La navigation entre les deux mondes se remarque. Le contraste monde réel ensoleillé situé à Marseilles, coloré et le monde virtuel « Black Hole » sombre, mélancolique, funeste quasiment qu’en noir et blanc se montre visuellement intéressant.
Les transitions sont bien réalisées. Le petit bémol est le design du monde virtuel , les amateurs de jeux vidéos le trouveront simple aussi bien dans son concept que dans son graphisme. Un univers où chaque habitant se cache derrière un avatar.

L’histoire sans heurts d’un premier amour prête à sourire. Tout est si parfait, si lisse comme tout jeune adolescent rêverait d’avoir comme première fois. Trop peut-être, car le jeune homme s’emportera dans une attirance dangeureuse pour une mystérieuse jeune fille blonde croisée par hasard.

Louise Bourgoin a très peu de présence à l’écran. Elle est sexy, une beauté gothique un peu macabre, une blessée magnifique. Légèrement tête à claque par instant, une très belle poupée de porcelaine. Son rôle de petite poupée s’avère un peu fade au final. Les moments de séduction se font softs. J’ai perdu mes illusions et espoir avec la piscine. Un fantasme à l’état pur sur le papier en vrai, le charme n’opère pas à 100%. Marion (Pauline Etienne) le pan avec la réalité représente la petite fille naive qui sort de l’enfance, découvre les premiers émois.

L’acteur principal Grégoire Leprince-Ringuet a été mon coup de coeur. Pas particulièrement le plus séduisant des hommes, ni le meilleur des jeux d’acteurs, néanmoins une certaine fraîcheur m’a attendri, naîf et mâture un mélange particulier qui m’a marqué.

L’animation: clin d’oeil à Tron? les avatars sont simples. Les petits animaux de compagnie que viennent-ils faire là dedans? Trop mignon mais un peu déplacé. Et ils n’apportent rien à l’histoire. Un peu comme si on vous mettait un Pikachu dans un Clint Eastwood (et encore, je m’excuse je suis méchante avec les deux en notant cette comparaison). Les fans de Second Life riront du rendu de BLack Hole et des mots qui laissent présager que les jeux vidéos cachent de multiples dérives dangereuses. Le design déçoit par rapport aux jeux actuels.

Les messages se voient venir. Les jeux vidéos sont dangereux. Les soirées entre jeune c’est l’alcool et la drogue avec une point de bêtises débiles à la Wayne World.

Difficile de grandir. Difficile de faire des choix. La vie est loin d’être simple, le jeu vidéo est un bon moyen d’échapper à son quotidien. Dommage de le montrer comme funeste et un accessoire au suicide.

Un film d’auteur surprenant malgré des lenteurs, des acteurs attachants, une réflexion sur la passage au monde des adultes. Il mérite d’être vu. J’ai eu un coup de coeur en quelque sorte avec le recul, je m’en rends compte. Le sujet aborde un thème difficile les mondes virtuels. L’Autre Monde a su faire tilt ou du moins à le mérite de faire réfléchir. Il y a des impressions qui vous semblent lourdes puis soudain vous réalisez que ça vous plait. Voilà l’effet Autre Monde un film d’auteur plaisant avec ses faiblesses et ses qualités. Un petite bouffée avec notre adolescence et nos craintes qui auraient mérité une autre fin.

La bande annonce:

Un extrait: Tu connais Black Hole?

Sortie le 14 juillet 2010.

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