[Avis] ☙ Les Filles des autres☙ par Amy Gentry

☙Synopsis:☙
Êtes-vous bien certaine de connaître votre fille ? D’ailleurs, est-ce vraiment la vôtre ?
À 13 ans, Julie Whitaker a été kidnappée dans sa chambre au beau milieu de la nuit, sous les yeux de sa petite soeur. Dévastée, la famille a réussi à rester soudée, oscillant entre espoir, colère et détresse. Or, un soir, huit ans plus tard, voilà qu’une jeune femme pâle et amaigrie se présente à la porte : c’est Julie.
Passé la surprise et l’émotion, tout le monde voudrait se réjouir et rattraper enfin le temps perdu. Mais Anna, la mère, est très vite assaillie de doutes. Aussi, lorsqu’un ex-inspecteur la contacte, elle se lance dans une tortueuse recherche de la vérité – n’osant s’avouer combien elle aimerait que cette jeune fille soit réellement la sienne…
Avec Amy Gentry, vous allez redécouvrir le sens de l’expression « roman à suspense ».

☙Mon avis:☙
Amy Gentry emporte avec les filles des autres dans un récit douloureux, captivant, surprenant. L’esprit est malmené comme le coeur. La psychologie se dessine avec force. Laissez-vous embarquer dans le drame familial des Whitaker. Julie a été kidnappé huit ans plus tôt, le seul témoin est Jane, du haut de ses dix ans, son innocence la met à l’écart de toute accusation. Mais si les événements étaient trompeurs?

L’auteure pose toutes les ficelles d’une fascinante histoire. Comment dire au revoir sans un corps à enterrer? Comment ne pas sombrer et perdre espoir? Comment ne pas craquer quand votre enfant vous est ôté? Et un jour, vous n’en croyez pas vos yeux, huit ans ont passé. Huit longues et terribles années. Julie revient. Elle a vingt-et-un, elle n’est plus la même. Pourtant, ses parents donneraient tout pour leur fille. Tout. Et croirait à tout pour penser que c’est vraiment leur Julie. Pas une chimère, ni une imposture, non, leur Julie à eux, leur progéniture, leur bébé. Seulement, est-ce la vérité? Le temps perdu ne se rattrapera jamais vraiment. Pourtant, l’envie de profiter pleinement des retrouvailles transporte vers une belle reconstruction. Le coeur tire, vibre, s’interroge. Notamment celui de la mère de Julie, Anna se questionne, doute et réfléchit…

J’ai aimé ce regard sur la maternité. Sur ces liens qui sont tapis dans l’ombre, sur les petites ficelles qui font qu’un enfant est à la fois un être que l’on connait et un inconnu. Les dédales de psychologie sont habilement posés. Comment réapprendre à aimer un être qui est parti des années? Comment retrouver l’intensité et les échanges d’avant? Amy Gentry donne un aperçu des inquiétudes d’Anna. Comment son enfant a-t-il survécu pendant huit ans? Comment rétablir le contact? Comment se retrouver? Bien des questions et peu des réponses. Julie est une étrangère. Julie d’avant n’est plus. Une inconnue l’a remplacée. Je me suis demandée si la vérité ne serait pas plus monstrueuse, plus horrible si les parents savaient. Ne préférions-nous pas ignorer le mal si notre enfant était touché? Ne préférions-nous pas penser à son futur? A l’espoir et à la beauté de ne pas avoir à le pleurer? Comment être pleinement mère quand le destin vous prive de l’un des vôtres? Comment ne pas avoir peur de s’attacher? J’ai été remuée. Littéralement secouée en tant que maman par les mots et les pistes soulevés par Les filles des autres. J’ai eu des larmes. Des torrents de larmes. Et je me suis interrogée. Beaucoup. Et je continue.

Julie a vécu un drame. Elle a appris à s’adapter, à survivre. Son retour entraîne dans une aventure prenante. Toutes les routes malmènent, secouent. J’insiste sur ce point. Il est difficile de sortir indemne de sa lecture. Les blessures sont palpables. Toutes les parties sont meurtries. La famille, l’entourage et la kidnappée, personne n’est épargné. Le récit retranscrit magnifiquement plusieurs émotions, plusieurs vécus. Les interrogations ne quittent jamais le fond. Elles sont là, dans l’ombre, et beaucoup prennent leur sens dans la conclusion. Je suis restée comme deux ronds de flanc devant la fin. Je ne l’avais pas vu venir. Je me suis laissée avoir par les mots de Gentry. J’ai croisé des parts sombres de l’homme, des parts maléfiques, horribles, des parts qui touchent et qui poussent à se demander comment ceux qui sont touchées par elles peuvent se construire ou reconstruire.

Le Mal avec un grand M rôde dans les pages de ce roman. Il se pare de plusieurs visages. Il surprend. Il frappe en plein coeur et marque de son sceau ses victimes. L’esprit devient confus. Difficile de se poser après avoir découvert toute les ficelles. Difficile de cerner la psychologie complexes de personnages comme Julie, Charlotte et les autres. Quand j’ai eu l’impression de mettre le doigt dessus, Gentry m’a retournée telle une crêpe. Les filles des autres s’avère un thriller passionnant du début à la fin.

☙ Merci à NetGally et Editions Robert Laffont pour cette découverte ☙

☙Ma note:☙
☙ 9/10 ☙
Coup de coeur

☙Informations:☙
Titre original : Good as gone (2016)
Auteure: Amy Gentry
336 pages
Editions Robert Laffont
Date de parution: 19 janvier 2017
Collection : La Bête noire
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